La RE2020 pousse les acteurs du BTP à réduire l’empreinte carbone des matériaux de construction. Bétons recyclés ou biosourcés, briques de terre crue, isolants en fibres végétales : ces matériaux sont en première ligne.

Mais leur développement actuel pose une question technique concrète aux responsables R&D : comment caractériser ces matériaux de construction bas carbone alors que leurs propriétés ne correspondent pas pleinement aux normes et essais existants ?

La difficulté n’est pas seulement réglementaire. Ces éco-matériaux ont des propriétés physiques, mécaniques et hydriques que les essais classiques ne mesurent pas ou pas de manière adaptée, ce qui peut rendre les résultats inexploitables pour une certification. Choisir les bons essais, dans le bon ordre, avec les bons paramètres : c’est là que se joue la qualité du dossier technique.

Cet article présente les essais incontournables pour chaque famille d’éco-matériaux, les points de vigilance spécifiques et les bonnes pratiques pour organiser la collaboration entre R&D industrielle, laboratoire de recherche et organisme certificateur.

Essai de compression sur un matériau innovant avec granulats recyclés

1. Diversité des éco-matériaux, diversité des enjeux de caractérisation

Avant de choisir un protocole d’essais, il faut identifier la famille de matériau concernée et l’usage prévu. Ces deux paramètres déterminent les propriétés à mesurer et les méthodes appropriées.

Bétons biosourcés (bois, chanvre, lin)

Ces matériaux combinent une matrice cimentaire avec des granulats d’origine végétale. Leur comportement mécanique est atypique : plus déformable que le béton ordinaire, sensible à l’humidité, avec une carbonatation progressive, qui est à la fois un mécanisme de vieillissement et un paramètre clé pour quantifier le CO₂ absorbé sur le cycle de vie du matériau.

Bétons avec granulats recyclés (30% à 100%)

L’intégration de granulats issus de la démolition introduit une variabilité des intrants qui n’existe pas avec des granulats naturels. Les risques spécifiques incluent la réaction sulfatique interne (RSI) et une résistance mécanique plus hétérogène qu’il faut documenter rigoureusement.

Terre crue (briques, pisé, bauge)

La terre crue régule naturellement l’humidité ambiante, ce qui en fait un matériau très intéressant pour le confort intérieur. Mais cette propriété hygroscopique la rend aussi vulnérable à l’eau en excès. Sa caractérisation nécessite des essais spécifiques que les normes béton ne couvrent pas : résistance à l’érosion, cycles humidification/séchage, régulation hygrothermique.

Matériaux composites à base de déchets industriels

C’est la famille la plus hétérogène : la nature et la composition des déchets intégrés varient d’un lot à l’autre, ce qui complique la reproductibilité des essais. Les questions de lixiviation (relargage de substances dans l’environnement), de comportement au feu et de vieillissement sont souvent prioritaires pour ces matériaux.

2. Les essais mécaniques : adapter le protocole au matériau

La résistance mécanique est le premier critère évalué pour tout matériau de construction. Mais pour les éco-matériaux, le choix du protocole d’essai est lui-même une décision technique qui impacte les résultats obtenus.

Le choix du mode de pilotage : force ou déplacement ?

Pour un béton ordinaire, piloter l’essai en force ou en déplacement donne des résultats comparables. Pour un béton de bois ou un matériau composite, ce n’est pas le cas. Le pilotage en déplacement permet de suivre la façon dont le matériau se déforme, ce qui est précieux pour évaluer sa tolérance aux dommages.

Ce paramètre, doit être choisi explicitement en fonction des propriétés attendues du matériau et de son usage structurel ou non structurel.

Résistance à la compression, flexion et module d’élasticité

Ces trois propriétés constituent le socle de la caractérisation mécanique. Pour les matériaux innovants, les essais doivent être adaptés à chaque matrice (cimentaire, terre, composite) et à différentes échéances pour documenter l’évolution des propriétés dans le temps. Pour la terre crue, les essais de résistance à la compression doivent être complétés par des essais de résistance à l’érosion.

La traçabilité des mesures : une condition préalable

Pour qu’un dossier de certification soit recevable par le CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment), les équipements d’essai (presses, capteurs de déplacement) doivent être étalonnés par un organisme reconnu, comme le CERIB (Centre d’Etudes et de Recherches de l’Industrie du Béton). Cette traçabilité garantit que les résultats sont opposables et reproductibles.

Exemple : dans le cadre de notre collaboration avec la société Néolithe (qui a développé un béton à base de 30% de granulats issus du recyclage), nous avons fait étalonner les presses et les capteurs de déplacement par le CERIB avant toute campagne d’essais. Cette précaution, prise dès le démarrage du projet, a permis de produire un dossier ETPM recevable sans avoir à recommencer des séries de mesures.

3. Durabilité et vieillissement : anticiper les risques à long terme

Un matériau peut afficher d’excellentes propriétés mécaniques à l’état neuf et se dégrader rapidement en conditions réelles. La caractérisation de la durabilité est donc aussi importante que celle des performances initiales.

Bétons recyclés : RSI, chlorures et carbonatation

La réaction sulfatique interne (RSI) est le risque principal des bétons intégrant des granulats recyclés : certains granulats contiennent des sulfates qui peuvent réagir avec la matrice cimentaire et provoquer des gonflements destructeurs. Sa détection nécessite des essais spécifiques sur des échantillons conservés en conditions d’humidité contrôlée sur plusieurs mois avec des suivis de variations dimensionnelles, des propriétés mécaniques et microstructurales au cours du temps.

Bétons biosourcés : carbonatation et comportement en milieu humide

La carbonatation est un phénomène naturel par lequel le CO₂ atmosphérique se fixe dans la matrice cimentaire. Pour les bétons biosourcés, ce mécanisme peut être doublement intéressant : il contribue au bilan carbone positif du matériau (CO₂ absorbé et stocké) et il modifie les propriétés mécaniques dans le temps. Sa quantification est indispensable pour alimenter les FDES conformes à la RE2020.

Terre crue : cycles hydriques et régulation hygrothermique

Le comportement de la terre crue face à l’humidité est à la fois sa qualité principale et son point de vulnérabilité. Les essais de cycles humidification/séchage documentent sa résistance au vieillissement hydrique. Les courbes de sorption/désorption de l’humidité (mesurées par DVS, Dynamic Vapour Sorption) caractérisent sa capacité à réguler l’hygrométrie ambiante, un argument clé pour le confort des occupants.

4. Intégrer la dimension environnementale dès la caractérisation

La RE2020 impose aux projets de construction de justifier l’impact environnemental des matériaux utilisés, via les Fiches de Déclaration Environnementale et Sanitaire (FDES). Ces fiches s’appuient directement sur les données de durabilité produites lors de la caractérisation.

Il est donc stratégique d’intégrer dès la conception du protocole d’essais les mesures qui alimenteront la FDES : carbonatation pour les matériaux cimentaires, analyse du cycle de vie des fibres végétales, quantification des émissions lors de la fabrication. Cette approche évite d’avoir à compléter le dossier a posteriori avec des essais supplémentaires.

La caractérisation d’un éco-matériau, à la fois sur ses propriétés techniques mais aussi environnementales, facilite la conformité des projets de construction dans lesquels ce matériau est intégré, ce qui devient un argument commercial de premier plan face aux prescripteurs.

5. Organiser la collaboration R&D et certificateur

La qualité d’un dossier de certification dépend autant de l’organisation du projet que de la rigueur des essais. Il est important de :

✔️ Co-construire le protocole d’essais avec le CSTB dès le démarrage. Chaque famille de matériau nécessite une discussion préalable sur les essais pertinents et les seuils attendus.

✔️ Prévoir des réunions tripartites régulières (industriel, CAPACITÉS, expert évaluateur) pour valider chaque étape et détecter tôt les écarts entre résultats obtenus et exigences du dossier.

✔️ Documenter systématiquement les conditions d’essai, les paramètres de pilotage, les étalonnages et les éventuelles adaptations de protocole. Cette traçabilité est indispensable pour la recevabilité du dossier ETPM.

✔️ Anticiper les livrables complémentaires : FDES, rapports d’essais, procès-verbaux d’étalonnage. Les préparer en parallèle des essais réduit les délais en fin de projet.

En savoir plus sur la certification des matériaux innovants du BTP en l’absence de norme.

 


FAQ : essais de performance et de durabilité des éco-matériaux BTP

Comment préparer un programme d’essais pour un matériau innovant dans le BTP ?

Un programme d’essais pour un éco-matériau innovant doit être défini selon l’usage visé, les performances attendues et les exigences du futur dossier technique. Il est recommandé d’impliquer l’évaluateur dès la conception du protocole pour sélectionner les essais pertinents, garantir la traçabilité des mesures et éviter les essais non exploitables.

La RE2020 impose-t-elle des essais spécifiques sur les éco-matériaux ?

La RE2020 n’impose pas de protocoles d’essais spécifiques, mais elle exige que les matériaux soient documentés via des FDES conformes à la norme EN 15804+A2. Ces fiches nécessitent des données de durabilité fiables : taux de carbonatation, analyse du cycle de vie, données d’émissions. Ce sont précisément ces données que la caractérisation doit produire.

Comment évaluer la durabilité d’un matériau de construction bas carbone ?

La durabilité d’un matériau bas carbone s’évalue à travers des essais spécifiques selon sa nature : carbonatation et réaction sulfatique interne pour les bétons recyclés, cycles humidification-séchage pour la terre crue, ou vieillissement accéléré pour les composites biosourcés. Ces essais permettent d’anticiper les risques de dégradation et de sécuriser l’usage du matériau dans le temps.

Les essais réalisés par CAPACITÉS sont-ils reconnus par le CSTB ?

CAPACITÉS ne dispose pas d’accréditation spécifique pour les essais normalisés sur les matériaux de construction. En revanche, nous travaillons en collaboration directe avec des experts du CSTB qui valident les protocoles et les résultats au fil du projet. L’étalonnage de nos équipements par des organismes reconnus, comme le CERIB, garantit la traçabilité des mesures. Ce modèle, mise en place pour plusieurs collaborations, produit des dossiers recevables.

Essais de durabilité réalisé au GeM sur des briques en terres crues
Un ingénieur mesure un échantillon de béton biosourcé lors de tests en laboratoire

Pour aller plus loin, téléchargez notre livre blanc sur les matériaux de construction issus des déchets du BTP.

Bétons de bois, briques de terre crue, bétons intégrant des granulats recyclés, panneaux à base de coproduits industriels : les éco-matériaux pour la construction se développent et se diversifient, portés par la RE2020 et les objectifs de décarbonation du secteur.

Mais les industriels se heurtent à un obstacle dès qu’ils visent la mise sur le marché : les normes existantes ont été conçues pour les matériaux « historiques », comme le béton, la maçonnerie ou le bois. Elles ne couvrent pas les spécificités de ces nouveaux matériaux à plus faible impact environnemental.

Pour un responsable R&D dans le BTP, la question n’est pas seulement d’ordre technique. C’est un sujet commercial et juridique : sans certification reconnue, un matériau ne peut pas être assuré, ni convaincre des maîtres d’ouvrage, et encore moins répondre à des appels d’offres publics. Comment démontrer l’aptitude à l’emploi d’un matériau pour lequel il n’existe pas encore de référentiel ?

Cet article décrypte les démarches disponibles (ETPM, ATec, ATEx) et les bonnes pratiques pour structurer un parcours de certification rigoureux, même en l’absence de norme applicable.

Ingénieur préparant le protocole pour des essais mécaniques sur un béton biosourcé

1. Pourquoi les normes classiques ne suffisent pas pour les éco-matériaux ?

Les référentiels normatifs du BTP ont été construits pour des matériaux dont le comportement est bien documenté : résistance à la compression du béton, module d’élasticité du bois, absorption d’eau des briques cuites, etc. Ces essais standardisés donnent des résultats cohérents parce que les matériaux qu’ils décrivent ont des propriétés connues et stables.

Les éco-matériaux viennent changer la donne. Appliquer un protocole normalisé à un béton de bois ou à une brique de terre crue donne souvent des résultats aberrants, non cohérents avec les conditions réelles d’usage. Quelques exemples :

Des comportements mécaniques atypiques

Un béton de bois sollicité en compression se comporte différemment selon que l’essai est piloté en force ou en déplacement. Ce choix de pilotage, moins impactant pour un béton ordinaire, change fondamentalement les résultats obtenus et leur interprétation. La norme existante ne précise pas ce paramètre, car il ne posait pas de problème pour les matériaux pour lesquels elle a été conçue.

Des mécanismes de vieillissement spécifiques

La terre crue a la capacité d’absorber et de restituer l’humidité en fonction de l’air ambiant. Cette propriété contribue au confort intérieur en aidant à réguler naturellement le taux d’humidité. En revanche, elle la rend aussi sensible aux alternances d’humidification et de séchage, des phénomènes généralement peu pris en compte dans les essais de durabilité classiques.

Les bétons biosourcés posent des questions similaires autour de la carbonatation, paramètre clé non seulement pour la durabilité mais aussi pour le bilan carbone du matériau.

Le risque pour l’industriel est réel : un dossier construit sur des essais inadaptés peut être rejeté par le CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment), retardant la mise sur le marché de plusieurs mois et laissant le terrain libre aux concurrents.

2. ETPM, ATec, ATEx : les trois démarches à connaître

Face à ces limites, le CSTB a structuré des procédures d’évaluation technique adaptées aux matériaux et procédés innovants. Trois démarches coexistent, selon la nature du projet.

L’ETPM : le point de départ recommandé

L’Evaluation Technique de Produits et Matériaux est une démarche volontaire de caractérisation intrinsèque d’un produit ou matériau pour lequel les référentiels de caractérisation sont insuffisants ou inexistants. Elle évalue l’aptitude à l’emploi du matériau, indépendamment de toute mise en œuvre spécifique.

C’est systématiquement la première étape. L’ETPM constitue le socle technique sur lequel s’appuient ensuite les Avis techniques (ATec) ou les Appréciations Techniques d’Expérimentation (ATEx), selon l’orientation donnée par le CSTB.

ATec ou ATEx : quelle différence ?

L’Avis Technique (ATec) s’applique quand le matériau est intégré dans une technique de construction dont on veut valider la performance globale. Il est délivré après instruction par le CSTB et engagement d’un groupe spécialisé.

L’Appréciation Technique d’Expérimentation (ATEx) concerne les projets innovants où une expérimentation in situ est nécessaire avant toute généralisation. Elle permet d’autoriser une première mise en œuvre sur un chantier réel, sous conditions.

Le choix entre les deux dépend de la maturité du matériau et du type de projet visé. L’ATec est destinée à un produit innovant mais stabilisé, destiné à être commercialisé largement. L’ATEx autorise un chantier particulier (ou une série de chantiers) utilisant une solution innovante ou non courante, avec un niveau de risque maîtrisé. Dans la pratique, c’est généralement le CSTB qui oriente l’industriel vers l’une ou l’autre voie.

Exemple : CAPACITÉS a accompagné CCB Greentech dans le développement d’un béton de bois innovant (TimberRoc). La mission portait principalement sur l’étude de la durabilité du matériau au travers d’essais mécaniques ainsi que la mesure de la carbonatation pour quantifier le taux de CO2 absorbé en fonction de la maturité du matériau (évolution du front de carbonatation). Chaque étape des essais a été discutée et convenue avec un expert du CSTB impliqué dès la mise en place du plan d’expérience du projet. Le résultat : l’ETPM et la FDES (Fiche de Déclaration Environnementale et Sanitaire) liées au matériau béton de bois TimberRoc ont pu être alimentées de manière rigoureuse par des démarches de caractérisation validées en amont.

3. Les clés d’un accompagnement réussi

Impliquer le certificateur dès la conception du protocole

C’est probablement le conseil le plus important. Attendre d’avoir des résultats d’essais pour soumettre un dossier au CSTB est une erreur fréquente. Si les essais ont été réalisés avec un protocole inadapté, le dossier sera rejeté et les essais devront être refaits. Pour être efficace, il faut mettre en place un travail tripartite dès le départ : industriel, laboratoire et expert évaluateur co-construisent le protocole ensemble, avec des jalons réguliers.

François BOUTIN, chef de projet chez CSTB, témoigne : 

« En tant que Chef de Projet au sein de la Direction Sécurité, Structure et Feu, j’accompagne les industriels dans leur parcours d’évaluation de leurs procédés innovants, tant au niveau expérimental qu’au niveau de l’évaluation de leur matériau. En effet, l’innovation dans la construction avance plus vite que les normes.

Lorsqu’un produit, matériau ou semi-produit ne dispose pas encore de référentiel d’essais pour caractériser certaines de ses performances, les acteurs de la filière ont besoin d’un cadre fiable pour en évaluer l’aptitude à l’emploi. L’Évaluation Technique de Produits et Matériaux (ETPM) peut répondre précisément à ce besoin, en fournissant une caractérisation objective de ses performances intrinsèques, une base commune de compréhension pour tous les acteurs, et ainsi faciliter l’intégration du produit dans des procédés ou systèmes innovants. L’ETPM clarifie ainsi les performances du produit et facilite son intégration dans les démarches d’évaluation ultérieures (ATEx, Avis Techniques…). 

Pour ce faire, il est nécessaire, préférentiellement en amont des démarches d’évaluation du procédé, d’échanger avec l’industriel pour appréhender les singularités de ce procédé innovant, les conditions de fabrication et les conditions d’emploi envisagé et ainsi identifier les performances à apprécier ainsi que les conditions expérimentales les plus adaptées et/ou représentatives des applications visées. »

Partir de l’usage futur pour déterminer les essais pertinents

La démarche de caractérisation doit prendre en compte une question simple : à quoi ce matériau va-t-il servir ? S’il est structurel, quelles résistances mécaniques doit-il garantir ? S’il est isolant, quelles performances thermiques et hydriques sont attendues ? C’est à partir de ces exigences, définies par des normes, que l’on choisit les essais pertinents, pas l’inverse. Cette approche évite le piège de mesurer des propriétés qui ne correspondent pas aux exigences des futures conditions d’exploitation.

Adapter les essais à la nature du matériau

Chaque famille d’éco-matériaux a ses spécificités :

✔️ Matériaux cimentaires (bétons recyclés, bétons biosourcés) : résistance mécanique, durabilité chimique, carbonatation, réaction sulfatique interne (RSI), etc.

✔️ Terre crue : sensibilité à l’eau, résistance à l’érosion, comportement hygrothermique, courbes de sorption/désorption de l’humidité, etc.

✔️ Matériaux composites à base de déchets : hétérogénéité des intrants, lixiviation éventuelle, réaction sulfatique interne (RSI), vieillissement accéléré, etc.

Pour en savoir plus, découvrez notre guide pratique « Éco-matériaux dans le BTP : quels essais pour garantir performance et conformité ? ».

Assurer la traçabilité des mesures grâce à l’étalonnage des équipements

Pour qu’un dossier d’évaluation soit recevable par le CSTB, le rapport d’essais doit être réalisé par une entité juridique claire et validé par une personne engageant sa responsabilité. Les produits testés et les protocoles d’essais doivent être clairement décrits et le matériel métrologique raccordé. Une accréditation de ces essais n’est pas obligatoire mais si le laboratoire est couvert par une accréditation, cela peut être un plus.

Il est aussi recommandé que les équipements d’essai soient étalonnés par un organisme reconnu, comme le CERIB ou Bureau Veritas. Loin d’être une simple démarche administrative, cela garantit la fiabilité, la reproductibilité et l’opposabilité des résultats présentés au CSTB. « Nous avons fait intervenir le CERIB pour étalonner les différents équipements nécessaires à la caractérisation du matériau », explique notre experte, Laurence Guihéneuf. « Cela permet d’assurer une bonne représentativité des résultats et de rassurer le client sur ses données d’essais. »

4. Les bénéfices d’une démarche rigoureuse

Une démarche vers la certification rigoureuse permet, bien entendu, la sécurisation avant commercialisation. Les risques de rejet de dossier, de données insuffisantes pour la FDES ou de non-conformité RE2020 sont anticipés et traités en amont.

Mais cette démarche peut également amener d’autres bénéfices durables tels que :

✔️ Un avantage concurrentiel : pouvoir revendiquer une évaluation technique reconnue par le CSTB est un argument différenciant sur un marché encore en structuration.

✔️ Une vraie montée en compétences pour toutes les parties prenantes : structuration d’un protocole inédit, transfert de compétences entre les parties, etc.

✔️ Une potentielle contribution aux futurs référentiels : les données produites lors de la caractérisation alimentent progressivement les guides professionnels et les futures normes sectorielles. Les acteurs qui travaillent sérieusement aujourd’hui participent à l’écriture des règles de demain.

 


FAQ : certification et assurabilité des éco-matériaux BTP

En bref, comment obtenir une certification pour un éco-matériau innovant dans le BTP ?

Pour certifier un éco-matériau innovant dans le BTP, il faut mettre en place une démarche de caractérisation adaptée avec des essais validés par le CSTB. Lorsque le matériau n’entre dans aucune norme existante, le parcours passe généralement par une ETPM, puis par une ATEx ou un ATec, afin de démontrer son aptitude à l’emploi et d’obtenir son assurabilité. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le schéma de reconnaissance des techniques courantes / non courantes de l’AQC.

Quelle différence entre ETPM, ATEx et ATec pour un éco-matériau ?

L’ETPM permet d’évaluer les propriétés intrinsèques du matériau. L’ATEx autorise l’expérimentation du matériau sur un chantier spécifique. L’ATec valide l’usage du matériau dans une technique constructive reconnue. Ces trois démarches constituent le parcours de certification des matériaux innovants dans le BTP.

CAPACITÉS certifie-t-elle directement les éco-matériaux du BTP ?

Non, la certification est délivrée par les organismes habilités (CSTB pour le BTP). Les experts de CAPACITÉS vous aident à construire les protocoles, réalisent les essais et interprètent les résultats. Notre partenariat avec le laboratoire GeM de Nantes Université nous donne accès à un large panel de moyens expérimentaux pour caractériser les éco-matériaux sur l’ensemble de leurs propriétés.

Comment préparer un dossier CSTB pour un matériau biosourcé ou bas carbone ?

Pour préparer un dossier CSTB, il est nécessaire de définir les usages visés du matériau, sélectionner les essais pertinents, garantir la traçabilité métrologique et construire un protocole validé en amont avec les experts techniques. Cette préparation est indispensable pour sécuriser une démarche ETPM, ATEx ou ATec.

Des ingénieurs expliquent les usages visés du matériau pour préparer les étapes de certification ETPM ATec ATEx
Essais de caractérisation sur des échantillons de matériaux innovants

Pour aller plus loin, téléchargez notre livre blanc sur les matériaux de construction issus des déchets du BTP.

En 2025, CAPACITÉS a fêté ses 20 ans !

Le 11 décembre, à la Halle 6, nous avons célébré cet anniversaire aux côtés de nos partenaires académiques, industriels et institutionnels. Cette soirée anniversaire a ainsi rassemblé l’écosystème qui contribue, depuis deux décennies, à faire vivre les collaborations entre laboratoires de recherche et acteurs socio-économiques.

À travers un showroom, nous avons mis en lumière la diversité de nos expertises. Plusieurs stands thématiques ont permis à nos équipes de présenter leurs savoir-faire et des réalisations.

Deux tables rondes ont ensuite rythmé la soirée.

Pour la première, Noël Barbu, PDG délégué de CAPACITÉS, a pris la parole aux côtés de Carine Bernault, présidente de Nantes Université, Yann Trichard, président de la CCI Nantes St-Nazaire et Vincent Delage, co-gérant de Meliad et client de CAPACITÉS. Ils sont revenus sur le modèle de valorisation que nous portons et sur notre rôle d’interface entre recherche publique et innovation.

La seconde table ronde, réunissant les responsables scientifiques Patrick Le Callet, Oumeya Adjali et Kevin Subrin, a exploré les apports croisés de l’intelligence artificielle à la recherche et de la recherche au développement de l’IA.

La soirée s’est poursuivie dans une atmosphère conviviale autour d’un cocktail, portée par un trio de jazz.

Au-delà de la célébration de nos 20 ans, cette soirée a surtout témoigné de la solidité d’un modèle fondé sur la proximité avec les laboratoires, la compréhension des enjeux des industriels et la construction de projets de R&D ancrés dans les besoins du terrain. Nous pouvons, par exemple, retenir les mots de Patrick Le Callet : “CAPACITÉS est un modèle indispensable, une chance qu’il faut absolument maintenir et sauvegarder. Sans CAPACITÉS et la Fondation Nantes Université, jamais nous aurions pu décrocher un Emmy Award !”.

En résumé

Mots Clés :

Analyse isotopiqueMatériaux recyclésAnalytical MethodsMichelin

Expertise Associée :

Menés en collaboration étroite avec Michelin, le CEISAM, et sa Plateforme Ligérienne d’Isotopie (PLI), nos derniers travaux de recherche s’attachent à une question clé pour la traçabilité des polymères : est-il possible de distinguer le polystyrène recyclé du matériau vierge ?

Ces résultats font l’objet d’un article intitulé « Is it possible to distinguish virgin versus pyrolytic recycled styrene by determining the intramolecular 13C distribution? », récemment publié dans la revue Analytical Methods.

Cette étude met en évidence le potentiel de l’analyse isotopique position-spécifique du carbone-13 (PSIA) comme approche prometteuse pour authentifier le styrène recyclé – une avancée importante pour la traçabilité et la durabilité dans le domaine des polymères.

L’accumulation des déchets plastiques constitue un enjeu environnemental majeur à l’échelle mondiale, ces matériaux étant particulièrement résistants à la dégradation. Le recyclage des polymères offre une voie pertinente pour revaloriser les déchets plastiques et réduire la dépendance aux hydrocarbures d’origine fossile.

La plupart des industriels utilisant des plastiques comme matières premières sont conscients des enjeux sociétaux et environnementaux, et, soutenus par les pouvoirs publics, cherchent à accroître la part de matériaux recyclés à court terme.

Thibaud HERBST, coordinateur transverse Mobilité Durable chez Michelin, témoigne : « L’utilisation de matériaux renouvelables et recyclés fait partie intégrante de la stratégie de Michelin pour les prochaines années, avec un objectif de pneumatique confectionné à 100% à partir de ces matières premières. Et en ce sens, une meilleure connaissance de ces matériaux est clé. »

Cependant, le coût plus élevé des polymères recyclés par rapport aux matériaux vierges (issus directement du pétrole) fait naître des inquiétudes quant à la contrefaçon. Aujourd’hui, la traçabilité des plastiques repose essentiellement sur la documentation déclarative des fabricants, d’où la nécessité urgente de développer des outils d’authentification capables de vérifier l’origine des polymères et de garantir l’intégration effective de matériaux recyclés dans les applications industrielles.

Les isotopes stables sont largement utilisés pour authentifier l’origine de nombreuses substances, telles que les produits pharmaceutiques, alimentaires ou les boissons, et présentent un fort potentiel pour étudier la provenance des polymères.

Dans cette étude, des échantillons de styrène vierge et recyclé par pyrolyse ont été analysés grâce à l’analyse isotopique position-spécifique du carbone-13 réalisée par spectrométrie de résonance magnétique nucléaire (RMN isotopique 13C). Les profils de distribution intramoléculaire du 13C obtenus révèlent des différences significatives entre les deux sources, montrant que le recyclage du polystyrène induit un effet isotopique.

Ces résultats préliminaires ouvrent des perspectives prometteuses pour l’authentification du styrène recyclé. De plus, les importantes variations de composition intramoléculaire en 13C observées pourraient, à terme, permettre de quantifier les proportions de polymères recyclés et vierges au sein de matériaux composites.

Thibaud HERBST conclut : « La collaboration scientifique menée avec Nantes Université via sa filiale de valorisation CAPACITÉS a permis de poser les bases d’un travail de compréhension sur les phénomènes en jeu lors du recyclage de certains monomères entrant dans la composition du pneumatique. La publication du fruit des travaux menés grâce à l’expertise conjointe des équipes du CEISAM et de Michelin est un premier succès, et la continuité de ce travail est très attendue. Elle pourra en effet apporter beaucoup d’éléments, et permettre une valorisation accrue de ces nouveaux matériaux. »

Vous avez un projet ? Parlons-en !

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Réalisations

Les défis relevés

Garantir l’authenticité d’un produit en…

Analyse isotopique intramoléculaire en 13C du benzaldéhyde

Découvrir

Repousser les limites de l’authentification…

Nouvelle méthode d’authentification d’ingrédients naturels, plus rapide et plus fine.

Découvrir

CAPACITÉS est la filiale privée d’ingénierie et de valorisation de la recherche de Nantes Université.

Créée en 2005, elle emploie près de 100 collaborateurs, majoritairement ingénieurs et ingénieurs docteurs, et mène chaque année près de 350 projets innovants pour le compte de clients de tous secteurs d’activités.

Nous mettons l’innovation au cœur de notre activité et nous cherchons à nous ouvrir aux talents motivés et curieux en accueillant des étudiants en stage.

Dans le cadre du développement de nos solutions robotiques, l’optimisation et l’implémentation de modèles d’intelligence artificielle temps réel est un enjeu crucial pour nos clients.

Sujet du stage :

Rattaché à l’équipe Robotique & Procédés composée d’ingénieurs/docteurs en robotique, mécanique, logiciel et électronique, nous proposons un stage de fin d’étude sur le sujet suivant :

Benchmark de modèles IA pour un déploiement temps réel sur des systèmes robotisés pour le domaine de la récolte agricole

À partir des études et modèles déjà étudiés par l’équipe les objectifs du stage sont :

• Réaliser un état de l’art des modèles pouvant répondre aux problématiques de récoltes ;

• Evaluer les performances des modèles actuels et proposer des axes d’amélioration ;

• Si nécessaire, entrainer un ou plusieurs modèles à partir d’un Dataset existant ;

• Développer et tester les algorithmes sur un PC (type Jetson avec accélération matérielle GPU) dédié pour évaluer les performances « temps réel » atteignables.

Profil de l’étudiant recherché :

• Etudiant en dernière année d’école d’ingénieur ou Master avec une spécialité en intelligence artificielle ;

• Connaissances en deep learning et en optimisation de modèles IA ;

• Bonne maîtrise de la programmation Python et C/C++ ;

• Maîtrise des frameworks IA courants (TensorFlow, PyTorch, Yolo, etc.) ;

• Bonne compréhension des contraintes liées aux systèmes embarqués et aux architectures matérielles ;

• Appétence pour la recherche et l’innovation ;

• Capacités d’adaptation et fort esprit d’équipe ;

• Autonome et curieux.

Ce que nous offrons :

• Un environnement stimulant avec des sujets entre la recherche et le monde industriel ;

• Une intégration dans une petite équipe pluridisciplinaire ;

• La possibilité d’échanger avec des Masters et/ou docteurs du laboratoire LS2N (Laboratoire des Sciences du Numérique de Nantes).

Merci d’adresser votre candidature (CV + lettre de motivation) par mail à guillaume.gallot@capacites.fr.

En résumé

Mots Clés :

Intelligence Artificielle PMEAutomatisationFinancementDiagnostic Data

L’intelligence artificielle (IA) ne relève plus de la science-fiction. C’est un levier concret de performance pour les PME et ETI, à condition d’adopter une approche centrée sur les cas d’usage et les données.

« 43% des PME-ETI n’analysent pas leurs données pour piloter leur activité : la première brique d’une IA efficiente n’est posée que par une minorité des chefs d’entreprise. » (source : article BPI)

Pourtant, les bénéfices sont bien réels : gains de productivité, prise de décision accélérée, personnalisation des services, ouverture à de nouveaux marchés… Le potentiel est immense, mais encore largement sous-exploité. Pourquoi ? Parce que le passage à l’IA suppose une démarche structurée, fondée sur la donnée et alignée sur les besoins métiers.

Passer d’une intention à une stratégie d’IA

L’IA n’est pas un outil miracle. C’est une technologie qui, bien intégrée, transforme en profondeur les processus et les organisations. Pour cela, une entreprise doit d’abord :

  • S’acculturer aux concepts et aux usages de l’IA ;
  • Référencer et fiabiliser ses données internes ;
  • Identifier les irritants ou opportunités dans ses métiers ;
  • Prioriser les domaines d’expérimentation.

Les programmes IA Booster France 2030, piloté par Bpifrance, et EDIH DIVA en Pays de la Loire, piloté par Atlanpôle, accompagnent les entreprises dans cette démarche, avec notamment des financements pour des diagnostics Data & IA.

Ces diagnostics permettent d’évaluer la maturité du projet IA de l’entreprise et de définir un premier plan d’actions structuré. Les POC servent à tester la faisabilité et la valeur d’un projet basé sur les données et/ou un algorithme IA, avant de lancer un développement complet. Ils permettent de réduire les risques, de valider une approche technique et démontrer un ROI.

4 promesses concrètes de l’IA pour les PME

  1. Automatiser les tâches récurrente et/ou à faible valeur ajoutée
    Exemple : saisie comptable, nettoyage de bases de données, génération de contenus.
  2. Personnaliser l’expérience client
    Grâce à l’analyse des comportements et à des assistants conversationnels formés sur la documentation interne.
  3. Optimiser les processus métiers
    Amélioration de la qualité via la détection automatique de défauts, une meilleure organisation logistique, etc.
  4. Renforcer la prise de décision
    L’IA permet d’anticiper des tendances, de simuler des scénarios et d’objectiver les choix stratégiques.

Un exemple concret

Halieutica est une société de conseil et de recherche spécialisée dans la nutrition des poissons et des crevettes, dont le métier consiste à générer et codifier des données (par exemple, sur la qualité de l’eau ou la croissance des crevettes) pour qu’elles soient interprétables. La solution IA mise en place a permis l’analyse et l’interprétation automatique des vidéos, diminuant le travail de l’équipe sur ces tâches répétitives et laborieuses. Elle permet également d’identifier des motifs non visibles à l’œil humain, offrant une analyse plus fine.

L’approche CAPACITÉS

Nous savons que la réussite d’un projet IA repose avant tout sur la compréhension des enjeux métiers, la valorisation des données disponibles et un accompagnement sur mesure. Nos ingénieurs-docteurs accompagnent les PME et ETI dans toutes les étapes : cadrage stratégique, traitement des données, prototypage, tests, déploiement et montée en compétences des équipes.

Vous souhaitez savoir si l’IA peut transformer votre activité ?
Commencez par un échange avec nos experts en data science et IA. Nous vous aiderons à y voir clair, en partant de vos données… et de vos objectifs concrets.

 

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En résumé

Mots Clés :

Intelligence Artificielle AlgorithmeLLMDATAPOC

Le dispositif DIVA (Digital Innovation Value Accelerator) permet aux entreprises ligériennes d’accéder à un accompagnement structuré et à un soutien financier pour le développement de projets intégrant des technologies d’Intelligence Artificielle.

Porté par un consortium régional de 13 partenaires, DIVA est un hub européen spécialisé dans l’innovation digitale (EDIH) pour les Pays de la Loire. Son objectif : faciliter l’adoption de solutions numériques avancées au sein des entreprises, quels que soient leur taille ou leur secteur.

Un accompagnement complet, modulable selon les besoins

Plusieurs types de prestations sont proposés, parmi lesquels :

  • un diagnostic IA pour identifier les technologies existantes pouvant répondre à vos problématiques, sans recourir systématiquement à des développements sur-mesure ;
  • des formations adaptées aux niveaux et enjeux de votre entreprise ;
  • la réalisation de POC (proofs of concept), permettant de tester concrètement l’apport d’une solution IA avant de l’industrialiser.

Un financement jusqu’à 50 % pour vos POC

Les projets de type POC peuvent bénéficier d’un financement à hauteur de 50 % (pour une valeur moyenne des projets de 28000€) grâce au co-financement européen et régional mis en place dans le cadre du dispositif DIVA.

Attention : le nombre de POC financés d’ici fin 2026 est limité. Vous souhaitez être accompagné ou obtenir plus d’informations sur le dispositif DIVA ?

Contactez nos équipes avant le 31 juillet 2026

CAPACITÉS est membre du consortium DIVA

À ce titre, nous accompagnons déjà plusieurs entreprises dans le cadre de ce dispositif. Pour Edenmap, nous avons développé un système basé sur l’IA visant à fiabiliser les données d’adressage : Lire notre réalisation

 

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Installés dans les locaux du LS2N (sur le campus de la Lombarderie de Nantes Université), nos ingénieurs en Data Science travaillent quotidiennement avec les chercheurs du laboratoire, et plus particulièrement avec l’équipe TALN (Traitement Automatique du Langage Naturel).

UMR de l’Université de Nantes, de Centrale Nantes, de l’IMT Atlantique, du CNRS et de l’Inria, le Laboratoire des Sciences du Numérique de Nantes (LS2N) a été créé en janvier 2017 afin de répondre à l’ambition de faire progresser significativement la visibilité de la recherche en sciences du numérique à Nantes.

De gauche à droite : Richard Dufour, François Gendre, Gaël Gueguen, Mehdi Mouilbeau, Tristan Beauzamy et Antoine Delaunay.

Richard Dufour, responsable de l’équipe de recherche TALN du LS2N, est désormais Responsable Scientifique pour CAPACITÉS. Il partage avec nous son parcours et revient sur les enjeux de cette collaboration entre le LS2N et CAPACITÉS ainsi que les projets à venir.

Un parcours tourné vers le NLP (Natural Language Processing, ou traitement automatique du langage)

J’ai effectué ma thèse au sein de l’équipe Language and Speech Technology (LST) du LIUM de Le Mans Université. Mes travaux de thèse s’inscrivaient initialement dans le domaine de la reconnaissance automatique de la parole (RAP) au moyen d’approches par apprentissage automatique. Mes travaux d’après-thèse et de postdoctorant à Orange Labs m’ont également permis de travailler sur des problématiques de classification automatique et de correction des transcriptions des systèmes de RAP.

Ce profil initial a ensuite évolué beaucoup plus largement vers le NLP avec mon arrivée au Laboratoire Informatique d’Avignon (LIA) en tant que maître de conférences en 2012 puis, en tant que professeur des universités au LS2N depuis 2021.

Mes centres d’intérêts scientifiques se sont grandement élargis ces dernières années pour traiter un nombre important de problématiques en TAL à différents niveaux (données, modèles et évaluation). De manière générale, les problématiques que je traite actuellement en NLP s’inscrivent dans des contextes d’apprentissage automatique, incluant le traitement de données massives, l’apprentissage profond par réseaux de neurone, et l’IA générative au travers des très grands modèles de langue (LLM).

Une partie de mes travaux s’effectue également dans un contexte pluridisciplinaire (réseaux complexes, optimisation, sociologie…). J’ai par exemple été coordinateur de l’axe scientifique Langage & Cognition de l’Institut Carnot Cognition.

Mettre les avancées de la recherche au service de l’innovation industrielle

Ce rôle de responsable scientifique représente une opportunité unique de mettre en synergie mes compétences scientifiques en traitement des données et en intelligence artificielle avec les besoins concrets applicatifs du monde industriel.

Mon parcours m’a amené à travailler sur des problématiques de recherche appliquée, mes collaborations avec des entreprises étant finalement en continuité de mon travail de recherche. Ce rôle me permet de renforcer ces interactions en m’intéressant à des projets de R&D innovants, en ajoutant mon expertise, tout en assurant un lien fort, et nécessaire, entre la recherche académique et ses applications industrielles.

L’un des défis majeurs que je perçois est d’accompagner l’évolution rapide des technologies d’IA et de NLP pour proposer des solutions robustes, adaptées aux contraintes des entreprises, notamment en matière de performance, d’explicabilité et de frugalité des modèles.

Un partenariat structurant au service du transfert technologique

Le partenariat entre le LS2N et CAPACITÉS repose sur une complémentarité forte entre recherche académique et industrialisation de solutions.

Le LS2N est un laboratoire de référence en sciences du numérique, regroupant des expertises variées en IA, en traitement de données et en apprentissage automatique. Cette richesse scientifique permet de développer des approches innovantes et d’explorer de nouvelles frontières technologiques. CAPACITÉS, en tant qu’acteur de la valorisation et du transfert technologique, joue un rôle clé pour transformer ces avancées en solutions concrètes adaptées aux besoins des entreprises.

Ce partenariat offre plusieurs atouts majeurs : d’une part, il permet d’accélérer l’intégration des dernières avancées en IA dans des applications industrielles, garantissant ainsi aux entreprises un accès privilégié à des technologies de pointe. D’autre part, il favorise une dynamique d’innovation collaborative, en impliquant chercheurs et ingénieurs dans des projets à fort impact. Enfin, il contribue à structurer des initiatives stratégiques, comme le développement de solutions frugales et explicables en IA, qui répondent aux enjeux actuels de performance et d’éthique.

Des projets à fort enjeu autour du langage et de l’IA générative

Plusieurs thématiques sont actuellement au cœur de mes travaux de recherche. Je suis tout d’abord intéressé par les problématiques liées à la modélisation du langage, qui est une des briques essentielles pour traiter une multitude de tâches en NLP.

Dans le cadre de nos travaux, nous nous sommes intéressés aux modèles de langue masqués ainsi qu’aux très grands modèles de langue génératifs dans le domaine médical dans un contexte multilingue. Nous comparons, pour la première fois, les performances de ces modèles entraînés à la fois sur des données publiques issues du web et sur des données privées provenant d’établissements de santé (ici, le CHU de Nantes). Nous évaluons également différentes stratégies d’apprentissage sur un ensemble de tâches biomédicales. Nous avons ainsi publié les premiers modèles masqués spécialisés pour le domaine biomédical en français, appelés DrBERT, le plus grand corpus de données médicales sous licence libre, NACHOS, sur lequel ces modèles sont entraînés, ainsi qu’un LLM biomédical, BioMistral. Ces travaux font notamment partie du projet ANR MALADES dont je suis le porteur.

Par ailleurs, je m’intéresse aussi à la création de données textuelles synthétiques (i.e. générées par un système automatique). Nous nous sommes intéressés à cette génération de données dans le cadre de l’augmentation de données textuelles pour améliorer l’apprentissage de modèles. Nous avons proposé de générer un ensemble de données d’entraînement à la récupération de contexte synthétique en utilisant Alpaca, un grand modèle de langage (LLM) adapté aux instructions. À l’aide de cet ensemble de données, nous formons un récupérateur de contexte neuronal, fondé sur un modèle BERT, capable de trouver un contexte pertinent pour la reconnaissance d’entités nommées (REN).

Un autre pan de mon travail concerne la caractérisation fine d’erreurs dans les sorties des systèmes de reconnaissance automatique de la parole du point-de-vue utilisateur au travers du projet ANR DIETS dont j’ai été le porteur.

Enfin, dans un contexte interdisciplinaire, je me suis intéressé à la structure des échanges pour la détection de messages abusifs. Dans ce travail, nous nous sommes intéressés à la détection automatique des abus dans les messages textuels sur les réseaux sociaux. De façon assez naturelle, nous avons tout d’abord proposé de travailler sur la détection d’abus en ne prenant en compte que le contenu textuel des documents échangés. Nous avons alors proposé d’extraire différentes caractéristiques classiques en NLP et de les utiliser dans un processus de classification afin de déterminer, pour chaque message, si celui-ci est abusif ou non.

En savoir plus sur notre expertise Data IA

Cette année, CAPACITÉS fête ses 20 ans !

Depuis deux décennies, notre mission s’adapte en permanence pour transformer les savoirs académiques en solutions concrètes pour les entreprises et les collectivités.

Filiale privée de Nantes Université, nous sommes spécialisés dans l’ingénierie de projets innovants et jouons un rôle d’interface entre les chercheurs des laboratoires académiques et les acteurs socio-économiques.

Nos ingénieurs, localisés directement dans les laboratoires de Nantes Université, travaillent en collaboration avec les chercheurs pour concevoir et déployer des prestations sur-mesure : états de l’art, études de faisabilité et projets de R&D.

Une création dans un contexte de mutation

La loi sur l’Innovation et la Recherche de 1999 a jeté les bases d’un rapprochement entre recherche publique et entreprises privées, facilitant ainsi le transfert de technologies. En 2005, CAPACITÉS voit le jour avec cette même ambition. La même année, la politique des pôles de compétitivité vient renforcer les synergies entre entreprises et laboratoires, encourageant l’innovation sur l’ensemble du territoire français.

20 ans d’impact et d’engagement

Depuis sa création, notre société a mené plus de 10 000 projets, en France et à l’international. Notre développement s’est également traduit par près de 600 embauches, preuve de notre dynamisme et de notre capacité à attirer des talents.

Au travers de notre mission historique de gestion des contrats de recherche partenariale des laboratoires, nous encourageons et facilitons la diffusion de programmes de recherche collaborative avec des partenaires extérieurs. CAPACITÉS mobilise la communauté scientifique pour sortir les résultats de recherche des laboratoires.

En réponse aux besoins émergents du monde économique, nous avons enrichi notre activité en développant de nouvelles expertises. Ces évolutions ont permis d’élargir notre champ d’action et d’accompagner toujours plus efficacement nos partenaires dans leurs enjeux d’innovation et de transition écoresponsable.

Aujourd’hui, nous comptons 15 familles d’expertises regroupées dans 11 laboratoires :

Notre ambition nous pousse à nous inscrire toujours plus fortement dans une démarche responsable : production d’ingrédients biosourcés, analyses de traçabilité des matières premières, valorisation des déchets du BTP, développement d’algorithmes frugaux… Autant d’initiatives qui témoignent de notre implication pour une innovation durable.

Ces 20 ans n’auraient pas été possible sans vous !

En cette année anniversaire, nous souhaitons remercier chaleureusement tous ceux qui ont contribué à cette belle aventure : nos clients, nos partenaires, Nantes Université, la CCI Nantes St Nazaire, nos ingénieurs et les chercheurs qui les accompagnent. Ensemble, nous avons relevé de nombreux défis et fait avancer l’innovation !

En résumé

Mots Clés :

BTPDéchetsTransition écologiqueMatériaux innovants

Le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP) génère chaque année des volumes considérables de déchets, souvent perçus comme une contrainte majeure à gérer et stocker. Pourtant, ces gisements recèlent un potentiel encore sous-exploité pour la production de nouveaux matériaux de construction.

Terres excavées

Représentant la plus grande part (en volume) des déchets générés en France, les terres excavées deviennent un déchet lorsqu’elles sont évacuées. En l’absence de prise en charge par la REP PMCB instaurée en 2023, leur transport et stockage engendrent des coûts significatifs. Pourtant, ces terres constituent une ressource intéressante grâce à la richesse de leur composition. En les triant et, si besoin, en les lavant, les particules fines (argiles, limons) ou grossières (sables, gravillons) peuvent être réutilisées pour la fabrication de bétons, de remblais ou d’éléments en terre crue.

À Guérande, dans le quartier Maison Neuve, les terres excavées sont transformées en briques de construction au sein d’un site de production dédié. Ce projet, dirigé par l’aménageur Loire-Atlantique Développement et bénéficiant de l’implication d’acteurs locaux comme le collectif des Terreux Armoricains, est soutenu par la municipalité, la région, l’ADEME et la DREAL.

Sédiments de dragage

Chaque année, près de 50 millions de mètres cubes de sédiments sont dragués dans les ports et voies navigables français. Jusqu’à très présent, 90 % d’entre eux sont rejetés en mer. Depuis l’entrée en vigueur de la loi pour l’économie bleue, en janvier 2025, les rejets de sédiments pollués dépassant certains seuils sont interdits. Cela renforce le stockage à terre de ces matières, considérées comme des déchets, tout en posant des défis de coûts et de gestion des volumes. Ces contraintes incitent à explorer des solutions de valorisation innovantes.

Déchets plastiques

Avec 29 millions de tonnes collectées en Europe en 2018, les déchets plastiques représentent une ressource sous-exploitée pour le secteur du BTP. Incorporés dans des formulations de bétons, ces plastiques offrent des propriétés uniques. Le polyuréthane, par exemple, améliore les performances thermiques des matériaux, révélant un fort potentiel pour des constructions plus durables.

Fibres

Les fibres issues des déchets, qu’elles soient naturelles ou synthétiques, offrent des perspectives intéressantes pour améliorer les performances des matériaux de construction. En renforçant mécaniquement les structures ou en améliorant les échanges hygrothermiques, elles trouvent des débouchés variés. Un exemple prometteur vient du Québec : le centre de recherche Vestechproet et l’École de Technologie Supérieure étudient depuis plusieurs années le recyclage mécanique de déchets textiles, et plus spécifiquement le développement d’un éco-béton chargé par des agrégats à base de fibres textiles usagées (plus d’informations).

Verre

Matériau 100% recyclable, le verre présente un taux de recyclage de près de 78 % en France, ce qui permet d’éviter la mise en décharge de plus de 2,2 millions de tonnes de verre par an. Transformé en poudre, il peut être incorporé dans des matériaux granulaires destinés à la construction. Aux États-Unis, la norme ASTM C1866 permet désormais de remplacer une partie du ciment Portland par du verre broyé, réduisant ainsi l’impact environnemental de la production de béton.

Pour aller plus loin : téléchargez notre livre blanc « Transformer les déchets en matériaux de construction »

Découvrez notre guide à l’usage des professionnels de la construction BTP & Génie Civil !

Ce livre blanc vous apportera des éléments clés pour préparer vos futurs projets :

  • Un état des lieux sur les gisements de déchets à valoriser
  • Le cadre réglementaire pour transformer les déchets en ressources utiles
  • Des exemples concrets d’applications

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En résumé

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BTPDéchetsTransition écologiqueMatériaux innovants

En 2021, 213 millions de tonnes de déchets produits en France provenaient du secteur de la construction, selon l’ADEME. Ce secteur a un rôle majeur à jouer dans l’accélération du processus de transition écologique et d’économie circulaire.

De nouvelles contraintes réglementaires pour le secteur du BTP

Un déchet, par définition, est un élément résiduel, rejeté ou abandonné et considéré comme inutile ou polluant. Dans l’optique de préserver les ressources naturelles et de basculer vers une économie circulaire, la valorisation des déchets présente un enjeu majeur, qu’ils soient réutilisés, réemployés ou recyclés.

Depuis 2020, de nouvelles contraintes réglementaires s’imposent peu à peu à toute la filière BTP, encourageant les aménageurs et promoteurs à se saisir du sujet :

  • La loi du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire (« AGEC ») place l’élimination des déchets sous la responsabilité de leurs producteurs et détenteurs ;
  • La RE 2020, nouvelle réglementation énergétique et environnementale de l’ensemble de la construction neuve, remplace la réglementation thermique RT2012 et renforce les exigences en seuils carbone et énergie.

Des éco-matériaux à base de déchets

Nous l’avons compris, les déchets doivent devenir des ressources. L’une des voies envisageables pour le secteur du BTP est de les recycler en les incorporant dans la composition de matériaux de construction granulaire.

Comme le précise Nordine LEKLOU, Professeur à Nantes Université et chercheur à l’Institut de recherche en Génie Civil et Mécanique (GeM) : « Nous faisons déjà face à une pénurie de matériaux nobles comme le sable ou le granulat. Il est urgent de trouver des matériaux complémentaires ou substituables aux matériaux granulaires. L’utilisation de granulats recyclés permet de limiter la consommation de ressources primaires, mais aussi de limiter la pollution liée à l’extraction de ces ressources. »

L’usage de matériaux de construction innovants à base de déchets présente de nombreux intérêts. Le premier d’entre eux se rapporte à l’utilisation des gisements locaux. Ceux-ci répondent à la problématique de gestion des ressources, à l’enjeu de décarbonation (notamment l’impact du transport) et permettent une valorisation des territoires.

L’utilisation de ces matériaux innovants offre également une opportunité de se différencier en phase de rédaction d’appel d’offre et de candidature pour l’ensemble des acteurs : maîtres d’ouvrage, maîtres d’œuvre, architectes, promoteurs, programmistes, bureaux d’étude. Les projets innovants et respectueux de l’environnement deviennent éligibles à un certain nombre de labellisations : BBCA, RT2012, E3C2, HQE, etc. valorisant la démarche et renforçant la différenciation par rapport à des programmes traditionnels.

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Compléments alimentairesNutraceutiqueEfficacité d’encapsulationCapacité de charge

L’encapsulation par cyclodextrines ouvre de nouvelles perspectives excitantes dans le domaine de la formulation de compléments alimentaires. En concevant des agents d’encapsulation sur mesure, les formulateurs peuvent optimiser les propriétés des principes actifs et des ingrédients, garantissant ainsi des compléments alimentaires plus efficaces, stables et biodisponibles.

Découvrez notre article « Encapsulation : une opportunité pour la biodisponibilité et la stabilité des produits nutraceutiques » pour en savoir plus.

Si les cyclodextrines offrent de formidables opportunités, leur utilisation efficiente requiert une compréhension fine de leurs interactions avec les molécules cibles. Pour ce faire, les formulateurs doivent maîtriser des savoir-faire clés, notamment la détermination des paramètres d’inclusion et l’optimisation de la formulation.

Focus : Y a-t-il une taille de molécule maximale pour la microencapsulation par cyclodextrine ?
La microencapsulation regroupe l’ensemble des technologies permettant de préparer des microparticules de 1 µm à 1 mm. Les ingénieurs CAPACITÉS utilisent les différentes tailles des cavités d’inclusion des cyclodextrines (alpha, béta ou gamma) ou des cyclodextrines modifiés, disponibles commercialement, pour encapsuler des molécules de différentes tailles. L’encapsulation peut être totale, pour des petites molécules, ou partielle, pour les plus grandes. Le plus souvent, seule la partie la plus hydrophobe est encapsulée, ce qui est suffisant pour augmenter significativement la solubilité aqueuse.

1. Déterminer les paramètres d’inclusion de l’encapsulation

La détermination de la stœchiométrie des complexes, c’est-à-dire du nombre de molécules de cyclodextrine nécessaires pour encapsuler une seule molécule de ligand, est un savoir-faire clé pour concevoir des formulations optimisées et minimiser la quantité de cyclodextrine utilisée.

Parmi les différentes techniques employées pour déterminer la stœchiométrie des complexes, la méthode de Higuchise se distingue par sa simplicité et sa précision. En analysant l’augmentation progressive de la solubilité du ligand en fonction de la quantité de cyclodextrine utilisée, cette méthode permet de calculer le nombre optimal de molécules de cyclodextrine nécessaires à l’encapsulation d’une seule molécule de ligand.

Une fois la stœchiométrie des complexes définie, il est essentiel de mesurer la force de l’interaction entre la cyclodextrine et le ligand. La constante d’affinité est un indicateur clé de cette interaction, reflétant la solidité de l’interaction entre la molécule active et la cavité d’inclusion. Cette étape permet d’évaluer la stabilité du complexe, qu’il soit sous forme solide ou en solution.

L’encapsulation par cyclodextrine permet d’optimiser la solubilité des molécules et aide ainsi le composé bioactif à traverser les membranes biologiques dans le tractus gastro-intestinal. Connaître la constante d’affinité permet d’optimiser la formulation du complément alimentaire pour garantir que le principe actif soit correctement absorbé par l’organisme. Les cyclodextrines, elles, ont une diffusion quasi nulle lors du passage dans l’intestin.

2. Optimiser la formulation des complexes

L’efficacité d’encapsulation et la capacité de charge jouent un rôle clé dans l’optimisation des complexes de cyclodextrines. Ces deux indicateurs permettent d’évaluer à la fois la performance du processus d’encapsulation et la qualité des complexes obtenus.

L’efficacité d’encapsulation (EE) correspond au rapport entre la quantité de principe actif effectivement encapsulé et la quantité introduite en début de processus. Ce paramètre est crucial pour minimiser les pertes de matière active, particulièrement dans les formulations impliquant des composés coûteux ou sensibles. Une EE élevée garantit que la majorité du principe actif est piégée dans les complexes, réduisant ainsi le gaspillage et abaissant les coûts globaux du processus.

Des optimisations sur les conditions opératoires, telles que la température, le pH et les concentrations relatives de cyclodextrine et de principe actif, permettent d’améliorer significativement l’efficacité d’encapsulation, tout en assurant la reproductibilité et la fiabilité du processus.

La capacité de charge (CC), quant à elle, mesure la proportion de principe actif dans le complexe final. Par exemple, une CC de 50 % indique que pour 1 g de complexe, 0,5 g correspond au principe actif. Une capacité de charge optimale est indispensable pour obtenir des complexes stables tout en maximisant la concentration en substance active.

Ces deux paramètres sont essentiels pour concevoir des systèmes d’encapsulation efficaces, économiques et adaptés à l’application nutraceutique ciblée.

Pour aller plus loin : téléchargez notre livre blanc « Microencapsulation par cyclodextrines »

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Que vous soyez déjà familier avec les cyclodextrines ou que vous souhaitiez en savoir plus, ce livre blanc vous apportera des informations utiles pour orienter vos choix technologiques :

  • Un état de lieu des technologies d’encapsulation
  • Les avantages des cyclodextrines pour la nutraceutique
  • Les principales innovations technologiques en lien avec les cyclodextrines
  • Des exemples concrets d’application de cette technologie

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